Véhicules saccagés, pavés des trottoirs utilisés comme projectiles, familles prises de panique et des actes de vandalisme après le Match MC Oran – USM Bel Abbès
Qui manipule ces bandes de voyous ?
Voitures vandalisées, pavés arrachés et familles en pleine pani
que. Ce fut le décor d’apocalypse qu’offraient samedi les abords du stade Ahmed Zabana (ex-19 juin), après la fin du derby qui a opposé le MCO à l’USMBA. Alors que la rencontre s’est déroulée dans un climat plutôt serein, où les deux galeries ont soutenu leur équipe favorite dans un esprit sportif irréprochable, à la sortie de l’enceinte sportive en revanche, les choses ont tourné au vinaigre et les actes de vandalisme ont pris le dessus au grand dam des familles oranaises qui se sont rendues ce jour-là au parc d’attraction limitrophe, notamment ceux qui ont eu la malchance de stationner leurs véhicules en dehors du parking attenant. En effet, loin d’être une confrontation entre les deux galeries, puisque le score de parité qui a sanctionné le match ne lèse ni l’une, ni l’autre des deux équipes, l’on est tenté de croire que l’acharnement avec lequel les hooligans s’en sont pris aux véhicules est des plus condamnables et ne répond à aucune logique.
Pare-brises et vitres latérales des voitures éclatés, toits et portières cabossés et tentative de vol, puisque les casseurs ont même tenté d’arracher les radios et autres accessoires de certains véhicules. Le tout au milieu d’un chaos que les éléments de sécurité ont eu beaucoup de mal à contenir cette foule d’écervelés qui ont utilisé les pavés des trottoirs récemment aménagés, comme projectiles pour bombarder tout ce qui bouge. Qu’est-ce qui a provoqué toute cette hystérie chez cette jeunesse qui a pris l’habitude d’investir après chaque match, les abords du stade pour dicter sa loi et provoquer le chaos ? Y a-t-il des mains manipulatrices derrière ces vandales, en majorité des adolescents qu’il est facile de maîtriser, comme aiment à le penser certains ? Si c’est le cas, alors quelles sont leurs motivations ? Qu’a-t-on à gagner à vouloir cibler les biens d’autrui ? Autant de questions que se posent les Oranais, après cet énième dérapage. Un écart de conduite qui incommode beaucoup plus les riverains des quartiers El Hamri et Médioni, qui sont les plus touchés à chaque fois qu’il y a match au stade Ahmed Zabana. Récurrente depuis plusieurs années, cette situation très décriée reste malheureusement inchangée, malgré les appels au fair-play lancés par les sages des clubs oranais et certaines associations. Les services de sécurité ne doivent plus aujourd’hui s’occuper de faire la guerre à ces bandes de voyous après chaque match, mais doivent penser à engager un travail en amont, puisque ces vandales semblent être des récidivistes bien connus. Les Britanniques ont bien réussi à réduire le phénomène du hooliganisme, par un travail en amont qui a permis d’identifier les fauteurs de troubles, de cibler leurs facteurs déclencheurs et d’agir en conséquence.

La police vivement interpellée pour renforcer son dispositif

Dans cet ordre d’idées, les services de sécurité qui ont depuis longtemps argué du manque des effectifs, sont actuellement vivement interpelés par les citoyens, pour au moins déployer des dispositifs dissuasifs particulièrement autour des enceintes sportives. En cette fin de championnat, au demeurant particulièrement médiocre, tous les matches sont considérés à haut risque, même lorsque (maintien ou bataille pour le titre) l’enjeu n’y est pas. Ceci est d’autant plus valable depuis que des bandes de voyous investissent les stades non pas pour se défouler sainement, mais pour casser, brûler et saccager les biens d’autrui.
Les jours de matches, les riverains se sont résolus à se cloîtrer chez eux et les transporteurs publics passant par ce stade, évitent d’assurer leur service les vendredis et les samedis après-midi (jours de matches), tel le «B» qui relie le quartier des Amandiers au rond-point La Pépinière, en passant par les Castors et Es-Seddikia. En fait, d’aucuns se demandent encore pourquoi l’on permet toujours que le parc d’attraction fonctionne toujours au moment des matches dits chauds, sachant que des dérapages peuvent survenir à n’importe quel moment et la furie des supporters pourrait aisément se déverser sur les citoyens qui s’y rendent en famille. D’autres encore, des riverains, vont jusqu’à souhaiter qu’une fois le nouveau grand stade d’Oran, actuellement en construction à la sortie Est de la ville, sur la route nationale N°11, sera achevé et opérationnel, de fermer carrément le stade Zabana aux matches officiels et de ne le garder que pour les entraînements des équipes. Néanmoins, vu le nombre d’associations sportives qui activent à Oran, il en faudrait plus que ça pour que les responsables locaux donnent du crédit à leur doléance. Mais en attendant, de grâce, mettez un terme aux agissements néfastes des hooligans qui ont terni l’image d’Oran et celle de ses sportifs.
S. Makhlouf

 

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