A la veille de la saison estivale, des plages envahies de détritus et des bâtisses illicites érigées à même le rivage, à Paradis-Plage
Où sont les élus ?
Chef-lieu de daïra et de commune depuis 1962, et surtout ville-phare de la corniche oranaise, Ain El Turck peine manifestement à assumer ce statut, en dépit des diverses actions de développement local engagées par les pouvoirs publics visant à lui faire assurer le rang qui lui sied.
Cette collectivité locale qui abrite à elle seule la quasi-totalité de la trentaine de plages autorisées à la baignade du littoral oranais, abrite en outre les complexes touristiques les plus connus et les plus fréquentés particulièrement pendant la saison estivale. Paradoxalement, cette cité côtière éprouve toutes les peines du monde à offrir à ses habitants, ainsi qu’à ses hôtes, l’image d’une ville propre et avenante, notamment lorsqu’il s’agit du nettoyage et de l’entretien des plages.
Pis encore, il y a quelques jours, les employés de cette commune qui après avoir effectué cette tâche quotidienne (le ramassage des ordures), n’ont pas trouvé mieux que de les entasser dans l’une des plus célèbres plages de la corniche oranaise, à savoir Paradis-plage. Selon les témoignages de résidents dont les habitations sont situées à proximité de ce site de baignade, les détritus qui avaient été déposés sur ce site, y demeurent toujours entassés, sans que les élus ne réagissent pour mettre fin à cette transgression flagrante des règles élémentaires de l’urbanisme et du civisme (voir photo prise dimanche dernier). Les élus de cette commune ne sont même pas en droit de justifier ce laxisme par l’inexistence d’un site devant leur faciliter le déchargement des déchets ménagers, lorsque l’on sait que cette partie de la wilaya d’Oran est dotée depuis plusieurs années d’un centre d’enfouissement technique capable d’engloutir quotidiennement des centaines, voire des milliers de tonnes de détritus.
D’aucuns affirment par ailleurs, que l’entretien des plages dont la propreté est le premier facteur favorisant l’attractivité touristique, ne saurait être confinée à la seule période estivale, avant d’être mis en veilleuse le reste de l’année. Là encore, les gestionnaires de cette ville ne sont pas en droit de justifier ce laisser-aller par un quelconque déficit en équipement, puisqu’à l’instar des autres communes côtières du pays, Aïn El Turck a bénéficié des équipements nécessaires à l’entretien des plages dont les fameuses cribleuses de sable.
D’autre part, en sus de ce fléau qu’est la défaillance dans la gestion du ramassage des ordures, la ville-phare de la corniche oranaise est confrontée à un autre sérieux problème représenté cette fois-ci par la prolifération des constructions et des extensions illicites, ainsi que par la multiplication, tout aussi illicite, des garages à bateaux.
Certes, estiment des riverains, des actions salutaires, quoique sporadiques, sont menées régulièrement par les pouvoirs publics locaux, mais cela n’a pas empêché l’émergence de nouvelles constructions illégales dont certaines sont érigées à proximité des plages, ce qui constitue une double infraction transgressant aussi bien les lois de l’urbanisme, que celles relatives à la protection du littoral. Le fait que certaines de ces bâtisses illicites aient échappé aux pelleteuses et autres engins de démolition, constitue un motif de suspicion chez les riverains qui se demandent si les auteurs de ces actes inciviques ne jouissent pas d’une quelconque protection.
Belhouari Salim

 

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