Ils ont observé, hier, un sit-in devant le siège de la DSP
Les praticiens de la santé protestent
Hier matin, près de deux cents (200) praticiens de la santé, à savoir médecins, dentistes et pharmaciens, ont répondu à l’appel du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) en observant un sit-in devant le siège de la direction de la Santé, pour protester contre les concours de passage de grade et de promotion.
Brandissant des banderoles, l’ensemble des praticiens présents lors de ce mouvement de protestation ont qualifié l’organisation de ces concours comme étant une forme d’injustice et de mépris, tout en affirmant leur soutien à leur organisation syndicale dans sa démarche.
Par ailleurs, dans son communiqué, le syndicat national des praticiens de santé publique informe l’ensemble de ses adhérents de sa décision de boycotter les concours de promotion aux grades sus-cités plus haut et les a exhortés à assurer le service minimum pour préserver la relation de respect et de confiance entre praticiens et patients. Selon ce même communiqué, l’organisation de ces concours ne peut pas se faire sans l’assainissement au préalable de la situation des confrères dont le droit à l’intégration dans le grade de principal, en application de l’instruction numéro 968 du Premier ministre, est tout simplement bafoué.
A relever aussi que parmi ces praticiens, certains ont le droit de concourir pour le grade de praticien en chef. Il est également signalé que le recours aux concours de promotion aux grades de médecins, dentistes et pharmaciens passe également par le règlement du problème de duplicité des diplômes et de leur classification sur la grille des salaires de la Fonction publique. Une situation qui selon le communiqué traîne depuis 2012 et qui maintient un positionnement à la catégorie 13 pour un doctorat (BAC + 6 années de cursus universitaire) sur décision de la direction générale de la Fonction publique. L’organisation syndicale en question refuse de cautionner cette opération, étant donné que l’encadrement et les conditions de ces concours n’ont pas fait l’objet de concertation au préalable et dénonce l’attitude du ministère de la Santé qui, au lieu d’appeler aux réunions de conciliation prévues par la réglementation en situation de désaccord, a défini comme stratégie le lancement des concours d’accès aux grades dans l’unique but est de casser l’union et la solidarité dans le corps des praticiens de santé publique.
A.Bekhaitia

Culture du champignon à Oran
Une expérience prometteuse
Des agriculteurs à Oran affichent un vif intérêt pour le développement et la diversification des produits agricoles, dont le champignon, présent dans l’art culinaire de la région, mais souvent importé en conserve. Le centre de formation professionnelle et d’apprentissage (CFPA) spécialisé en agronomie de Misserghine oeuvre à préparer le terrain à cette activité agricole, longtemps mise en veilleuse et qui n’exige pas un grand investissement.
Tous les facteurs de sa réussite y sont disponibles, à l’exception
des semences qui sont importées au prix fort, selon le directeur de cet établissement de formation. Pour acquérir ces semences, qui ont été à l’origine de l’arrêt de la production du champignon au CFA de Misserghine, des chercheurs de l’université d’Oran ont lancé une étude pour sa régénération, a indiqué Zerrouki Kaddour, rappelant que la culture du champignon donnait une production abondante dans les années 1980. Sur la base des résultats de cette recherche scientifique, l’expérience reprendra au CFPA, au niveau de quatre tunnels de 200 mètres de long et sa réussite encouragera l’ouverture d’une branche de formation dans cette culture et la formation d’enseignants dans cette spécialité, voire par la suite la création de champignonnières, a assuré le même responsable.

L’investissement dans la culture du champignon, un créneau prometteur

Un responsable du secteur de l’emploi à Oran trouve l’investissement dans cette activité agricole «porteur» sur le plan économique, partant de la forte demande sur le champignon par les consommateurs, les établissements hôteliers, les restaurants et les pizzerias. La réussite de l’expérience de régénération du champignon, très utilisé dans la cuisine oranaise, motivera la femme rurale des communes de Misserghine et de Boutlélis à suivre une formation et à lancer de petites champignonnières lui procurant des rentrées supplémentaires, a affirmé la présidente de l’association de promotion de la femme rurale «Main dans la main», Allou Baba Ahmed. Mieux encore, la Chambre de l’agriculture d’Oran se déclare prête à accompagner l’agriculteur intéressé par l’investissement dans la culture du champignon, en lui fournissant l’assistance technique et en lui assurant la formation voulue, a souligné son secrétaire général, Zeddam Houari. La relance de la culture du champignon, qui évolue dans des espaces obscures, est possible à Oran qui dispose de sites adéquats dont des abris aménagés lors de la 2ème guerre mondiale, des galeries souterraines et des tunnels au vieux quartier de «Sidi El Houari» qui peuvent être exploités à cet effet, selon Massinissa Ourabah, responsable de l’antenne d’Oran de l’Office national d’exploitation et de gestion des biens culturels protégés.

Le champignon : une histoire, une passion

La culture du champignon a été introduite à Oran à l’époque coloniale par les Espagnols et les Français. Elle se pratiquait dans des grottes, des tunnels et autres galeries aux quartiers de «Ras El Ain», «Sanawbar» et Sidi El Houari. Toutefois, la production ne subvenait pas aux besoins, notamment celle du champignon blanc de renommée mondiale,a rappelé un commerçant au marché des Aurès au centre-ville d’Oran.
Après l’indépendance, cette culture s’est répandue à l’intérieur des grottes, très nombreuses dans ces quartiers, qui se sont transformées en champignonnières dont la majorité a disparu suite à un glissement de terrain dans les années 90 à «Ras El Ain», du à un tassement de constructions au dessus des grottes.
La décennie noire a été également à l’origine du désintéressement des adeptes de la collecte du champignon sauvage, pratiquée par des jeunes des vieux oranais qui se rendaient dans les grottes en groupes pour le cueillir.
Ce produit constituait jadis une source de subsistance pour plusieurs adeptes qui savaient distinguer entre le champignon comestible et celui toxique, et l’écoulaient aux marchés Aurès et Michelet des légumes.
Constatant une demande sur le champignon sauvage, des agriculteurs ont tenté, dans un passé récent, de relancer cette culture mais pour de courtes durées, faute de semences, a regretté un ancien cultivateur.
L’extinction de la culture du champignon dans des grottes et la demande croissante sur ce produit avec la prolifération, ces dernières années, des pizzerias et des hôtels, ont favorisé le recours au champignon importé en boites de conserve. A titre illustratif, 285 quintaux de champignon en conserves ont été importés pour une valeur de plus de 28 millions DA de Chine en 2014, alors que des boites provenant d’Espagne ont atteint 186 qx, soit plus de 15 millions DA durant le premier trimestre de l’année en cours, selon la direction du commerce d’Oran.
Les prix jugés élevés du champignon frais importé qui peut atteindre 600 DA le kg aux marchés Michelet et Aurès, ont poussé les demandeurs à se tourner vers celui en conserve qui, toutefois, n’a pas la même valeur nutritive, a indiqué un restaurateur au centre-ville d’Oran. En effet, l’utilisation du champignon dans l’art culinaire oranais s’est accentué avec l’apparition de grandes surfaces commerciales proposant ce produit dans des boites de conserves à 150 DA l’unité de 500 grammes. Fait remarquable : la quasi-totalité des familles oranaises utilise le champignon soit pour décorer des plats ou en friture, notamment durant le mois de ramadhan et lors des fêtes. En attendant la réussite de l’expérience de relance de la culture du champignon naturel, plus prisé par le consommateur, celui en boites continue de susciter les convoitises.

 

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