Réfection des trottoirs sur le 3ème boulevard périphérique
Réhabilitation ou gaspillage ?
Alors que les travaux de réhabilitation des trottoirs sur le tronçon reliant le rond-point de l’ENSET au siège de la Douane nationale sur un linéaire de plus de 300 mètres sur le troisième boulevard périphérique, entrent dans leur quatrième mois, des anomalies flagrantes ont été décelées par les citoyens résidants à proximité des travaux et des deux côtés de l’autoroute.
De nombreux habitants ont, en effet, dénoncé des travaux bâclés, s’interrogeant sur les compétences de l’entreprise chargée de ce projet et le laxisme des services censés superviser l’opération.
Selon les témoignages des citoyens, ces travaux qui doivent pourtant être à la portée d’entreprises de travaux publics de moindre envergure se sont révélés un réel fiasco, au vu des nombreuses anomalies décelées y compris par les profanes du domaine.
Par ailleurs, Les piétons ne cachent pas leur mécontentement et sont obligés de marcher au milieu de la route, au risque de se voir heurter pars des voitures traversant cet axe routier. Les automobilistes ne sont pas en reste. «Nous avons du mal à circuler, cela devient très agaçant, les piétons n’ont pas un autre choix que de marcher sur les bords de la route, ce qui nous dérange énormément», se plaint un jeune. Deux ouvriers seulement s’appliquaient à placer les dalles du trottoir. D’autre part, outre la lenteur des travaux, les parties des trottoirs déjà refaites semblent en mauvais état, ce qui témoigne d’un travail bâclé, des dalles de trottoirs commencent d’ores et déjà à se décoller, et certaines d’entre elles sont mal ajustées. «Visiblement, les entreprises en charge de la réfection de ces trottoirs n’ont pas mis les moyens nécessaires pour achever les travaux rapidement et dans les normes, et font plutôt dans le bâclage », s’exclame avec un sourire un jeune.
S. Ourabah

Crise de la pomme de terre et prix execssif
Les véritables raisons d’une pénurie «préfabriquée»
Pour les ménagères oranaises, à l’instar de celles de tout le pays, le prix de la pomme de terre grève leur budget et la situation perdure malgré les assurances des pouvoirs publics. Si les experts autoproclamés évoquent allègrement le mot passe-partout: «spéculation», qui est donc derrière cette crise nationale «fabriquée» ?
Le marché oranais qui reste le plus gros de la région, ne fait
pas exception à la règle. Lui aussi connaît la crise de la pomme de terre et son prix continue de varier, selon la qualité, entre 65 et 100 DA. Oran est pourtant encerclée par des zones de production de pomme de terre avec, à l’Ouest la région de Tlemcen, à l’Est Mostaganem, plus loin Ain-Defla et au Sud Mascara qui constitue ses débouchés naturels.
Mais Oran n’a plus les capacités ni la liberté d’établir les stocks de sécurité nécessaires à l’approvisionnement de son imposant marché.
Ces stocks sont aujourd’hui éparpillés dans cette vaste zone de production entre les mains de puissants lobbys qui se chargent de «réguler», comme ils l’entendent, le marché très demandeur de tubercules.
D’ailleurs, aujourd’hui, les yeux des Oranais sont plutôt tournés vers la mer Méditerranée dans l’attente du débarquement de containers, n’en déplaise aux responsables du ministère de l’Agriculture qui persistent et signent, en déclarant «que la production nationale qui atteint 4,4 millions de tonnes serait largement suffisante». Mieux encore, le 1er responsable de l’Office national Interprofessionnel des légumes et viandes (ONILEV) annonce que son office a fait «déstocker 50.000 tonnes en septembre puis 100.000 tonnes pour les besoins de l’Aïd El-Adha».
De son côté, un représentant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, en charge des études, annonce que pas moins de «2 millions ont été livrés à la consommation depuis le début octobre». En revanche, il ne souffle aucun mot sur ces 100.000 tonnes et de leur sort. Bref, même si ces chiffres ne sont pas très significatifs en termes de disponibilité sur le marché, 2,5 millions de quintaux pour une période qui ne dépasse pas les 6 semaines peuvent suffire aux besoins et faire chuter les prix à des prix plus ou moins abordables.
A la lecture de ces chiffres, il ressort que chaque citoyen a donc disposé au bas mot de 5 kg de pomme de terre par semaine. En somme et selon cette batterie de chiffres, la crise de la pomme de terre ne serait donc qu’une vue de l’esprit. Ce qui, bien entendu, n’empêchera pas les hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture de conclure, en jetant la pierre à leurs collègues du ministère du Commerce, que ces derniers ne contrôleraient pas les détaillants. Ce qui est vrai dans la mesure où le contrôle est très difficile (pour ne pas dire impossible) lorsque 75% de ces commerçants n’ont aucune existence légale et qu’ils sont de simples vendeurs, derrière qui, se cachent les barons de l’agro-alimentaire.

Les avis contradictoires
des commerçants

L’avis du président de la Fédération nationale des marchés de gros de fruits et légumes est bien différent. Pour ce dernier, la crise de la pomme de terre a pour origine «l’influence des spéculateurs hors des marchés de gros».
Pas la peine de chercher bien loin, la spéculation n’aurait donc pour origine, que le fameux programme appelé «système de régulation des produits agricoles à large consommation» (Syrpalac) qui fait que dans une agriculture en crise, les agriculteurs sont devenus, par la force des choses (et bien souvent à leur corps défendant), des spéculateurs. Seule manière, pour ces derniers, d’amortir les dégâts de la crise de la surproduction de la campagne précédente que les pouvoirs ont refusé d’éponger.
La crise de la pomme de terre risque donc d’être bien plus longue que les années précédentes. Du moins si l’on s’en tient aux chiffres édictés, puisque l’injection de quelque de 250.000 tonnes de tubercules n’a pas fait fléchir le marché, bien au contraire.
Mais la question la plus pertinente et à laquelle nos responsables évitent soigneusement de répondre, serait: d’où pourrait bien venir le stock qu’il faudra encore injecter pour maintenir la pomme de terre, disons autour de 100 DA en attendant la mise sur le marché des tubercules d’arrière saison et les primeurs ? Puisque les 250.000 tonnes injectées, en moins de deux mois, représentent les prévisions de stockage établies et annoncées en mai 2013 par le président du Conseil national interprofessionnel de la pomme de terre, (CNIFPT).
Il y a un peu plus d’un an, en pleine crise de surproduction de la pomme de terre, l’ancien ministre de l’Agriculture a annoncé que son programme prévoyait «la mise en place d’une capacité globale de stockage de quelque 600.000 m3 qui serait étendue, ultérieurement à 1 million de m3 après la récupération des locaux de l’ex-Office des fruits et légumes». Un peu tard peut-être, lorsque l’on sait ce que sont devenus, les offices des fruits et légumes, à l’instar des halles centrales d’Oran rasées et transformées en friche urbaine, les caves vinicoles, habités puis remplacés par des immeubles à l’instar de ceux de la wilaya d’Ain Temouchent et même les chaînes de froid à l’instar du 30.000 m3 de Chteibo, à Oran, cédé au ministère de la Défense nationale.

Le Sypralac: un échec 
non avoué

Le fameux programme Syrpalac a été élaboré au lendemain de la crise alimentaire internationale de la fin de la première décade des années 2000.
L’objectif premier du système était, selon ses concepteurs du ministère de l’Agriculture, d’assurer la sécurité alimentaire pour les matières stratégiques en l’occurrence le lait, le blé, les viandes et la pomme de terre. Cette sécurité serait «établie à partir des stocks publics d’intervention significatifs et des modalités flexibles de leur gestion», déclarent les promoteurs du projet.
Six ans plus tard, les barons ont totalement mis le grappin sur le stockage des produits agro-alimentaires en confondant sciemment la notion de sécurité avec celle de la régulation.
Une situation qui fait de leurs chaînes de froid un passage obligatoire. Alors le Syrpalac qui ne devait être qu’un système de régulation et un élément de stabilité pour le producteur en lui assurant l’écoulement de sa production en cas de surproduction, est actuellement le facteur essentiel dans la stratégie de spéculation. Aujourd’hui, au ministère de l’Agriculture, on se contente d’une simple déclaration de stockage pour débourser, rubis sur ongle, des faramineuses subventions pour un stockage que personne n’est en mesure de contrôler.
Mais est-ce vraiment un hasard que le Syrpalac connaît ces premières ratées un an après l’entrée en service de l’ONILEF dans un pays où les récoltes de pomme terre peuvent allégrement s’étaler sur 10 mois ? Tout compte fait, il est aisé de conclure que par incompétence ou de manière délibérée, les pouvoirs publics n’ont fait qu’alimenter les barons de l’agro-alimentaire. K.Z

 

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