La démolition des immeubles évacués n’est pas pour demain
31 familles squattent des habitations à Ed Derb
après le relogement de leurs anciens occupants
Des habitations évacuées lors de la dernière opération de relogement ont été vite squattées avant-hier par d’autres familles au niveau des rues Montarbor et Aqueduc situées à Ed-Derb. Ces dernières ont occupé les garages et les caves des immeubles espérant bénéficier de nouveaux logements lors de la prochaine opération. Ces familles parient sur la difficulté de démolir les immeubles évacués vu que la plupart d’entre eux sont très vétuste et situés en plein tissu urbain.
Pour éviter justement ce genre d’agissement, la wilaya vient de
décider que toute réoccupation des immeubles évacués est passible de poursuites pénales devant les tribunaux territorialement compétents. Les propriétaires des immeubles qui ne prendraient pas les mesures adéquates pour empêcher leur réoccupation, seraient aussi passibles de poursuites judiciaires. L’expulsion de ces squatters par contre, est également une tâche plus au moins compliquée car elle a à plusieurs reprises failli dégénérer dans certains quartiers, en raison de la détermination des squatters. Ces derniers avaient essayé par tous les moyens de résister à leur expulsion, menaçant même de se donner la mort avec des bouteilles de gaz.
En effet, la ville d’Oran a connu ces derniers mois une large opération de relogement de plus de 1.100 familles habitant des habitats précaires ou menaçant ruine situés dans les vieux quartiers tels Ed Derb, Sidi El Houari, Planteurs, Mediouni et autres, toutefois, les immeubles évacués de leurs occupants et non démolis, présentent actuellement un grand danger pour la sécurité des riverains et des passagers et risquent de s’effriter à n’importe quel moment. Un projet de création d’une régie communale chargée de la démolition des immeubles en ruine dans les quartiers populaires, a été approuvé par les autorités locales il y a près de 2 années, mais à ce jour, cette régie n’a pas été créée.
Devant cet état de fait et pour éviter tout incident, les services de la wilaya ont décidé de confier l’opération de démolition à des entreprises privées en collaboration avec les services communaux et ceux de l’OPGI. Le problème se pose essentiellement pour les constructions ancrées dans des îlots de maisons dont la démolition représente une tâche complexe. Pour ces cas, il est prévu la démolition des escaliers et le bétonnage des entrées et des fenêtres. Toutefois, de nombreux édifices laissés inoccupés depuis le lancement des opérations de relogement en 2006, se sont transformés en refuges pour délinquants et dealers, d’autres ont été tout simplement squattés par d’autres familles étrangères des quartiers, voire de la ville, qui demandent d’être relogées.
Selon des spécialistes, les opérations de démolition n’ont jamais été spontanées ni faciles car elles touchent trois catégories différentes d’immeubles: la première catégorie concerne les immeubles relevant de la propriété privée et dont les propriétaires sont difficilement joignables. La seconde catégorie concerne les immeubles situés au cœur du tissu urbain, la troisième concerne les structures sous forme de carcasses. Dans le souci d’éviter d’éventuels squats de ces habitations par de nouvelles familles et en application des directives du wali d’Oran, les démolitions ont été lancées en plusieurs endroits.
Ainsi, après le relogement des 400 familles de haï Sanaouber, les anciennes habitations de DNC et Bab El Hamra ont été entièrement rasées. D’autre part, selon son site, l’OPGI d’Oran, après le relogement des occupants du vieux bâti effectué le 21 juin 2014, a procédé à la démolition des immeubles évacués de Sidi El Houari, El Makkari, El Emir, El Mokrani, Es-Seddikia, Sidi El Bachir et El Badr.
Il y a lieu de signaler que le wali d’Oran a reconnu que la question de la démolition des immeubles anciennement occupés par les familles qui ont bénéficié de logements sociaux, demeure très complexe, en raison d’abord de la nature juridique de la propriété et, ensuite, de la présence de locaux commerciaux. Dans certains quartiers, plusieurs immeubles demeurent encore convoités par des intrus, leur démolition étant très difficile, car tout le site est très vétuste et le rez-de-chaussée est occupé par des commerçants qui attendent eux aussi des solutions.
S.Messaoudi

La pression toujours visible au service de l’état civil
Quand l’amélioration du service public montre ses limites
Les services de l’état civil de 13 communes de chefs-lieux de wilayas déléguées d’Alger, accueillent à partir d’hier, les citoyens demandeurs de documents administratifs jusqu’à 23h, en prévision de la rentrée scolaire 2014-2015 prévue dimanche.
Cette initiative aurait été fortement efficiente à Oran, face au rush et aux nombreux tracas qui en découlent au niveau des 12 secteurs urbains et leurs annexes administratives, dont les agents dépassés depuis environ une dizaine de jours, subissent une surcharge de demandes de papiers officiels.
Chose frappante toutefois, c’est que les nouveaux moyens techniques et informatiques mis récemment à la disposition du service de l’état civil, dans le cadre de la modernisation du service public, n’ont pas été vraiment d’une grande utilité pour répondre à toutes les demandes et éviter les queues interminables devant les guichets. Devant cet état de fait, des mesures auraient dû être prises, au moins pour cette période précédant la rentrée scolaire et sociale, comme la prolongation des horaires d’ouverture des services de l’état civil, pas forcément jusqu’à 23h 00 comme est le cas à la capitale, mais les guichets pourront assurer le service jusqu’à 19h 00, comme c’est déjà le cas pour les bureaux de postes.
Il est par ailleurs à déplorer également la disparition, petit à petit, des résolutions prometteuses formulées par le ministère de l’Intérieur, visant l’amélioration du service public, plus spécialement l’état civil. Même si au départ de la grande révolution du service public, les facilitations étaient palpables notamment grâce à la numérisation des registres, cependant à Oran, cet élan progressiste s’est vite essoufflé, au niveau de plusieurs annexes administratives à travers les secteurs urbains et ces améliorations ont vite montré leurs limites, surtout à l’approche de la rentrée scolaire.
S. Messaoudi

 

tarif