Congrès international de psychiatrie
Pour une nouvelle politique de prise en charge de la toxicomanie
«L’Algérie se doit de suivre une nouvelle politique concernant la prise en charge des toxicomanes.» C’est ce qu’a déclaré le docteur Mebarki El Houari, à l’occasion du congrès international de psychiatrie, qui se tient hier et aujourd’hui, à Oran, sous le thème «Psychiatrie, addiction et psychotropes».
Notre interlocuteur a mis l’accent sur l’importance d’adopter un nouveau comportement avec le toxicomane. En sa qualité de directeur du centre spécialisé dans les soins des toxicomanes en Guyane (France Outre-mer), le docteur Mebarki estime que son expérience lui permet de juger la politique actuelle entreprise en Algérie et qui met le consommateur de drogue sur la chaise des accusés tandis que ce dernier devrait être considéré comme un malade.
D’après le docteur, le système judiciaire ne permet pas d’avoir des données exactes sur la réalité de la consommation des drogues dans notre société et ce, pour la simple raison que le consommateur est la référence de toutes les recherches en addictologie. Si ce dernier est puni (prison) et n’est pas considéré comme un sujet clinique, ceci empêche d’avoir une vue globale sur la situation. Cette même opinion est partagée par les différents intervenants. Mais de plus, l’association des psychiatres d’Oran APO, à l’instar des autres psychiatres algériens, évoque une autre problématique d’ordre clinique et social à la fois.
Il s’agit du toxicomane, qui, d’une part, craint de se voir étiqueté de «drogué». Pis encore, étant donné que les centres de désintoxication se trouvent au niveau des hôpitaux psychiatriques, le consommateur de drogue n’ose pas s’y rendre pour ne pas être considéré comme un malade mental. Il s’agit là, en effet, d’une question de culture et de conscience sociale. Mais, les organes, concernés par l’action de lutte contre les drogues et la toxicomanie, sont chargés de casser les tabous en sensibilisant les citoyens. Sur le plan clinique, certains médecins sont contre l’agencement des centres de prise en charge des toxicomanes dans une forme clinique allant jusqu’à refuser le port de la blouse et ce, dans le but de proposer un environnement sans tabou et sans hiérarchie et une vie en communauté dans le centre.
Ainsi, les sujets n’hésitent-ils pas à revenir aux centre en cas de récidive et une meilleure image du centre sera-t-elle véhiculée dans la société.
Mais, il ne faut pas se mentir, la question reste plus complexe et notons, à l’occasion, que le séminaire est plutôt penché sur les maladies psychiatriques et les addictions, puisque l’objet est de trouver le lien entre les deux.
RB


Ils perçoivent 3.000 dinars par mois depuis 13 ans
Des communaux d’Ibn Sina en colère
Des travailleurs du secteur urbain Ibn Sina sont dans l’expectative depuis plus de treize ans et attendent toujours une augmentation ou du moins d’être titularisés à leur poste de travail. Ces « déshérités «, dont la plupart habitent le quartier de Petit-Lac, ne savent plus à quel saint se vouer.
«J’ai vu des dizaines de personnes recrutées récemment bénéficier d’une titularisation ou même d’une vacation alors que j’attends depuis des années.
J’étais célibataire, mais aujourd’hui j’ai deux enfants», déclare Houari. Et d’ajouter, « Personne ne peut faire vivre une famille avec 3.000 dinars par mois «. L’infortuné montre du doigt les responsables dudit secteur, qui n’ont pas considéré sa situation sociale et ne prennent pas en compte les années qu’il a travaillé à Ibn Sina. Il a attiré notre attention sur l’abandon dont il est victime avec une dizaine de travailleurs qui fournissent plus d’efforts en travaillant plus de huit heures par jour.
Mais le plus douloureux est que ces agents se sont « oubliés «, comme ils le disent, dans ce créneau à cause des promesses des responsables. Ils s’accrochent tout de même, en espérant être un jour titularisés.
«Même 10.000 ou 12.000 dinars ne nourrissent pas une famille, mais nous voulons juste une assurance pour notre retraite, notamment parce que la plupart d’entre nous sont des fils de moudjahidine qui n’ont jamais bénéficié de quoi que ce soit», déclarent-ils espérant que nous rapporterons leurs doléances pour susciter l’intérêt de la tutelle. R.B

 

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