Colère à Eckmühl
Les habitants bloquent l’avenue Emir Khaled
Depuis mardi, l’avenue Emir Khaled à Eckmühl est bloquée à la circulation automobile, et ce, à la suite à une action de protestation décidée par les occupants du numéro 46, un immeuble menaçant ruine et appartenant à l’OPGI. Les protestataires ont vu leur habitation totalement inondée par les eaux usées en provenance du réseau d’assainissement défaillant à l’issue des fortes averses de lundi. «En l’espace de deux heures, le rez-de-chaussée était envahi par les eaux usées alors qu’au premier étage, le toit de plusieurs chambres a commencé à craqueler», témoigne une vieille femme qui habite l’immeuble depuis plusieurs décennies. Face au risque d’effondrement, les familles se sont réfugiées dehors et le lendemain, ils se sont rapprochés des services du secteur urbain El Badr pour demander de l’assistance, nous précisent les occupants. « Or et comme d’habitude, aucune réponse convaincante ne nous été donnée, hormis de s’armer de patience en attendant des jours meilleurs», ont-ils affirmé. De leur côté, les services de la Protection civile se sont dépêchés sur les lieux pour pomper les eaux et faire un état des lieux. Le lendemain, les riverains avaient décidé d’agir en dressant des barricades pour interpeller les responsables locaux sur la nécessité de les transférer dans des habitations plus sures. Durant ces deux jours, plusieurs enfants n’ont pas pu se rendre à l’école alors que la situation sanitaire de plusieurs habitants ne cesse de se dégrader en raison des conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent. Pourtant, cette situation au même titre que celle de l’immeuble mitoyen, où habitent 11 familles, est connue de tous les services d’autant que les expertises dressées aussi bien par le CTC et la protection civile et à plusieurs reprises ont tous conclu la menace ruine. Avant-hier, ce sont les habitants de Carteaux , ont recouru à la même action pour attirer l’attention des responsables locaux sur leur situation. Les protestataires ont ,en effet, bloqué les routes à l’aide de pierres, de pneumatiques et de branches d’arbres ,et ce face au siège de la daïra d’Oran. Cette action de protestation qui a eu lieu au début de l’après-midi, n’a connu dérapage ,signale –t-on
K.Z/S. Ourabah

Des axes routiers stratégiques fermés
par des oubliés du relogement

Les automobilistes coincés dans embouteillages inextricables
La ville s’est réveillée hier pour la deuxième journée consécutive dans des embouteillages monstres avec de multiples routes coupées en raison du mouvement de contestation enclenché par les oubliés du relogement dans plusieurs quartiers de la ville et essentiellement à Haï Ibn Sina, Carteaux et la rue Oujda (El Eckmühl). Les automobilistes se sont retrouvés coincés dans des embouteillages inextricables au 2e bd périphérique (ligne B), à la route du ravin blanc qui relie le rond-point de cité Djamel au centre-ville et au port et à la rue Oujda.
Des centaines d’automobilistes pris au piège dans ces embouteillages ont dû prendre leur mal en patience.
Des embouteillages montres ont été signalés hier sur le 2e bd périphérique au niveau de l’intersection avec l’avenue des martyrs de la Révolution et plus précisément près du stade Zabana. L’encombrement de la circulation a atteint son paroxysme au niveau de cette intersection où des flux de voitures venues de nombreuses artères s’y déversent à longueur de journée. Cette intersection a enregistré à midi une obstruction totale que même les agents de la circulation n’arrivaient plus à désembouteiller.
Avec la fermeture à la circulation du 2e bd périphérique, les automobilistes n’ont pas réussi à trouver une échappatoire. Sur la route du ravin blanc, des centaines de voitures et de poids lourds ont été pris en otage mardi par des contestataires qui ont bloqué cet axe routier névralgique à la circulation. Il s’agissait vraiment d’un entonnoir pour les files interminables de voitures et de camions. Les automobilistes ont été complètement déboussolés, pris dans un étau.
Ils ont été ainsi soumis aux angoisses des goulots d’étranglement inextricables.
Le paradoxe dans cette histoire est plus on reloge à Oran et plus les gens protestent. La colère des oubliés du relogement de plusieurs quartiers de la ville ne cesse de monter depuis le début de cette année. Ils dénoncent leur exclusion des dernières opérations qui ont profité essentiellement aux habitants de certains quartiers «favorisés» par les autorités locales à l’exemple de Haï Nasr (ex-Derb), El Hamri. Les habitants de ces deux quartiers ont profité de centaines de logements sociaux ces deux dernières années.
Des oubliés du relogement de Haï Ibn Sina dénoncent l’«injustice» dans la distribution des logements sociaux par les autorités locales à Oran. La colère des «oubliés» du relogement a monté d’un cran après avoir constaté que c’est toujours les mêmes quartiers qui bénéficient à chaque fois des opérations de relogement. Le comble est que régulièrement les services concernés par le relogement retiennent des bénéficiaires résidant dans des immeubles déjà évacués. Les anciens occupants de ces immeubles avaient déjà profité du relogement durant ces cinq dernières années.
A. Saïd

 

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