Tlemcen
2000 logements seront distribués prochainement
Selon les responsables de l’OPGI de Tlemcen, plus de 2000 logements sociaux et RHB seront affectés au courant du mois de décembre prochain, les listes des bénéficiaires ont été finalisées par les commissions de daïra concernées par cette opération, qui concerne les 500 logements sociaux de Sebdou, 200 logements RHB à Tlemcen et 400 autres à Remchi visant à éradiquer les habitats précaires de l’Oued El Namous, dont une importante partie a été relogée au cours du mois de Ramadhan passé.
Les logements sociaux de Ghazaouet et Ain-Youcef seront aussi affectés lors de cette opération. En plus de ces 2000 logements sociaux et RHB, il sera distribué aussi un important programme de logement LSP à Tlemcen ainsi qu’un autre quota de logements sociaux et RHB sera distribué d’ici le début de l’année 2015 pour lequel les listes des bénéficiaires sont à
l’étude. OB.Stambouli

Mohammadia
La ville a perdu de son charme
Au centre-ville, l’herbe sauvage pousse sur les trottoirs non aménagés, par endroits les branches des jeunes palmiers non taillés chargées de feuillage barrent le passage aux piétons, des gravats devant des habitations, des aires de jeux pour enfants abandonnés, des stades en béton présentant un réel danger pour les joueurs en cas de chute, des plates-bandes au pied des bâtiments ne contenant que de la terre, tel est le triste décor qu’offre la ville des oranges aux visiteurs, la ville qui, jadis, progressait sans cesse dans un confort qui n’excluait pas un brin de coquetterie, la ville où l’atmosphère était parfumée par les odeurs des fleurs d’oranger qui bordaient la plupart des rues.
La situation de laisser-aller dans laquelle se trouve la ville, que ce soit au niveau de la cité des 300 logements ou ailleurs, a été dénoncée par M. Laref Habib, président de l’association de protection de l’environnement lors de la rencontre que ce dernier a organisée samedi passé dans la bibliothèque communale avec une trentaine de personnes, dont certains représentants d’associations.
Au cours de cette rencontre, l’organisateur a tenu à faire visionner aux personnes présentes, une vidéo sur le progrès et le développement enregistrés dans certaines villes voisines, comme oued Tlélat, Hammam Bouhadjar, Oran, etc.
«Est-ce que nous ne méritons pas des stades gazonnés et un agréable cadre de vie dans nos cités», se sont demandé des intervenants lors de cette rencontre.
Sur les hauteurs de la ville plus, exactement, au douar Bekhaitia et au douar sidi Abdelkader, surnommé communément douar B’ni Waskout, les constructions illicites poussent comme des champignons, il ne s’agit pas de dizaines, mais de centaines d’habitations qui s’étalent sur une très grande superficie, devant chaque pâté de maisons de fortune trainent des tonnes d’ordures ménagères et les eaux usées se déversent à ciel ouvert.
Insouciants, les enfants jouent à proximité de ces saletés, ils évoluent dans un environnement qui laisse à désirer, ce n’est pas de gaité de cœur que ces familles optent pour les constructions illicites, mais par nécessité, pour la plupart d’entre elles, il s’agit de jeunes couples avec enfants à charge.
«J’habitais avec mes parents dans un appartement de trois pièces-cuisine où vivent également mes frères et mes sœurs, lorsque je me suis marié, je ne pouvais plus rester chez mes parents, j’ai donc acheté un bout de terrain et j’ai construit deux petites pièces», explique un jeune homme de 25 ans, c’est aussi le cas de plusieurs autres jeunes que nous avons pu rencontrer sur les lieux.
Les terrains accidentés, où sont implantées les constructions illicites, appartiennent aux domaines de l’Etat, et c’est des courtiers qui en tirent profit, du fait que c’est eux qui les vendent sans aucun papier bien sûr et à des prix variant entre six et dix millions de centimes les cinquante ou soixante mètres carrés.
D’une grande superficie, la forêt Bekhaitia où poussent de gigantesques eucalyptus et des oliviers à quelques pas en retrait du centre-ville, est laissée à l’abandon, au lieu d’en faire une forêt récréative et d’y aménager un parcours pédestre, elle sert de lieux de beuverie où dès la tombée de la nuit, des groupes de délinquants s’y installent pour consommer drogues et boissons alcoolisées, dont certains sont accompagnés par leurs chiens de race afin d’éviter toute tentative d’agression.
Isolée dans un coin de cette forêt, une baraque construite entièrement en zinc abrite une famille composée de quatre membres, le père, la mère et leurs deux enfants en bas âge, à l’intérieur de cette baraque, un trou par terre derrière le réfrigérateur fait office de WC, cette famille, native de la ville de Mohammedia, loge dans cette baraque depuis cinq ans.
Agé de 32 ans, le père de famille, Z. A., manutentionnaire de son état, se plaint de l’indifférence affichée à son égard par les responsables locaux.
«A part des promesses, je ne vois rien venir, dans ce hangar, nous vivons comme des bêtes, c’est l’enfer.
En hiver, nous souffrons terriblement du froid. L’été passé, alors que je dormais, un serpent m’a mordu, transporté à l’hôpital, j’ai reçu les soins nécessaires, un mois plus tard, ma peau a commencé à se peler, je me suis rendu une deuxième fois chez le médecin pour recevoir un traitement médical.
Mes enfants sont en danger, mais que puis-je faire d’autre? Je ne peux pas vivre avec mes parents qui n’ont qu’un appartement de deux pièces où vivent cinq personnes, dont un frère marié», affirme ce jeune père de famille. A. Bekhaitia

 

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